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Sortie JURA 2014 (02 et 03 août) PDF Imprimer

Mais pourquoi le Jura est-il si vert ?

 

Nous nous retrouvons ce samedi devant la mairie pour notre périple de deux jours. Dix motos, bien alignées devant la boulangerie (une grand mère allant acheter son pain nous félicite pour cette belle exposition) et 13 hamsters, du moins 12 présents à l'heure car le treizième s'est fait attendre un peu.

Départ donc avec un petit quart d'heure de retard sur le road-book (modèle déposé HMC, tous droits réservés) en direction du sud. L'autoroute se livre à nous, peu de trafic, nous avançons bien jusqu'au contournement de Colmar, où quelques gouttes perlent sur nos visières et nous imposent un premier arrêt pour enfiler les armures en PVC sensées nous protéger du mauvais flux. Remontés sur nos montures, nous marquons l'arrêt à la porte d'Alsace, histoire de saluer notre région chérie à qui nous faisons infidélité pour quelques temps. L'arrêt suivant est un arrêt technique provoquant quelques irritations : le péage ! Ne revenons pas sur les éternels râleurs qui pestent contre cette dîme des temps modernes, en oubliant que si ce ne sont pas les utilisateurs qui paient ce seront les contribuables … qui, jusqu'à preuve du contraire, sont les mêmes donateurs. Non ici le courroux est provoqué par le remplacement des humains par des machines qui refusent les billets de 5 €uros et provoquent agacement et retard. C'est reparti jusqu'à la station de Montbéliard pour étancher la soif de nos montures. En effet, nous calons nos pauses kérosène sur les capacités des plus faibles parmi nous ... donc pause gazoline tous les 150 kilomètres. Nous quittons rapidement le ruban de bitume pour des routes plus pittoresques et la pause café de Saint Hippolyte. Un petit marché local attire nos regards, on y vend des tisanes aux vertus diverses et variées, mais nous ne sommes pas venu pour cela. C'est reparti direction pays de la saucisse (non pas la knack, la morteau!) et nous arrivons secs (au propre comme au figuré) à notre première halte touristico-éducative du programme, le château de Joux. Après avoir avalé nos casse-croûtes, nous voilà à l'assaut des escaliers, basse cour, haute cour, cellules et dédales de cette bâtisse impressionnante. Ramenés aux nombres de marches gravies les 7 €uros de l'entrée sont vite oubliés (sauf pour ceux qui n'ont pas encore digéré le péage du matin). Nous sommes attentifs à Mirabeau qui s'est fait la belle, impressionnés par le puits de 140 mètres, touchés par la déportation de Toussaint l'Ouverture … et nous adressons une pensée à Berthe suite à la vision de son « studio tout confort » de 1 mètre carré auquel elle fut consignée de longues années.

C'est le moment de repartir, et c'est là que toutes les vérités météorologiques seront rapidement battues en brèche. D'aucun juge par la couleur du ciel, d'autres se fient à leur boussole interne pour justifier que la route à prendre passera par la trouée de ciel bleu … toujours est-il que nos téméraires chevaliers décident de se dessaisir de leur armure de plastique pour reprendre la route. Dix kilomètres plus tard, un mur d'eau nous rappelle à la réalité : vous êtes dans le pays des cascades et prairies éternellement vertes permettant de donner ce riche lait transformé en fromage si typique … mais oui, ici l'eau ne manque jamais ! Nous frayons notre chemin entre gouttes et flaques, il ne reste que 40 kilomètres à faire, courage roulons … et la colonne avance, avance … jusqu'à ce que quelqu'un craque ! Stop, aux abris, voici nos motards qui s'agglutinent sous un abris afin d'aviser sur la suite à donner. En fait la suite est des plus limpides, couvrez vous ou non, trempés vous êtes et continuer il va falloir ! Et là nous avons la réponse : nous savons définitivement pourquoi le Jura est si vert. Une petite demi heure en remontant le plateau de Mouthe, un dernier plein d'essence, et nous voilà arrivés à l’hôtel. Avec le retard accumulé et la météo, nous abandonnons l'idée de faire un tour à la cascade du hérisson et remplaçons cette excursion par un tour au spa … sauf pour ceux qui préfèrent le bar (pas de noms). Nous sommes donc cinq à coincer la bulle dans le chaud bouillon, à échanger sur nos cicatrices et à tester la non étanchéité des montres du club.

Nous nous retrouvons enfin autour d'une table qui fait la renommée de ce logis du lac de l'abbaye. Que de bonnes (que dis-je de très bonnes) choses, à déguster. Du fait maison, avec une touche Jura appréciée par nos hamsters qui ont déjà oublié la pluie en profitant du radieux coucher de soleil qui illumine nos assiettes et ardoises finement garnies.

Dodo, et rendez vous au petit déjeuner pour attaquer cette seconde journée … qui sera arrosée ou ne sera pas ! Passage à la fruitière où la place disponible de nos bagages est mise à profit pour embarquer du fromage bien frais. Crachin, crachin et crachin … nous zappons la pause de Salin les Bains (oui, vous lisez bien « les bains » vous voyez pourquoi) et nous arrêtons à Besançon avec de l'avance. La décision est prise de modifier le planning, de ne pas manger dans cette capitale régionale mais de continuer la route pour aller voir Vesoul, comme le dit la chanson. Au détour d'un feu rouge, un de nos hamsters, manifestement découragé par tant d'eau, décide d’abréger ses souffrances et quitte le peloton pour rejoindre son home par la route directe. Le reste de la troupe ira donc voir Vesoul. Circulez, il n'y a rien à voir … et ce sera à Lure que le café jouxtant le tribunal nous permettra enfin de prendre un peu de repos et quelques calories (solides … mais pas que … chassez le naturel …). Avec le retour du crachin, nous prenons la route vers Belfort où nous attend le lion de Bartholdi. Visite (gratuite, c'est notre jour de chance) de la terrasse donnant une vue sur la ville et sur le félin vertueux. Reprise de nos montures direction l'Alsace et son soleil. Si nous avons roulé sous l'eau, testé des trajectoires incertaines, fait quelques coups de queue au freinage ou à l'accélération … ayons ici une pensée pour nos amis cyclistes qui eux en plus doivent pédaler ! C'est par compassion pour ces sportifs invétérés que nous suivons sur quelques centaines de mètres un de ces courageux, qui ne sait probablement pas que son maillot blanc perd de son panache une fois mouillé … les hamster dames ont apprécié.

Dernier plein à Colmar, Bartholdi nous a encore tapé dans l’œil lorsqu'un caillou s'est pris dans la mécanique de notre président à hauteur de sa statue (celle de Bartholdi … pas du président). Quelques kilomètres d'autoroute bien chargée et parsemée de travaux, nous voilà arrivés (sec et oui, le vent sèche) dans nos terriers.

Nous avons parcouru de belles routes, longé de joli ruisseaux, passé de jolies combes … mais l’œil rivé sur la trajectoire ne nous a pas permis de profiter pleinement de ces instants … le road book est à garder pour un week end de beau temps, il est approuvé par une très large majorité.

Bonne route à tous, et rappelez vous, le Jura est très joli et très verdoyant.